Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté
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parole ou à lui montrer qu'il a tort est une forme d'action : les
mots justes, trouvés au bon moment, sont de l'action, quelle que
soit l'infirmation qu'ils peuvent communiquer (Arendt, 1983,35).
Surtout l'épreuve du face à face rétablit une égalité dans la relation [...]. Aussi ce mode de relation est-il le moyen essentiel
auquel recourent les surveillants, et le plus souvent également les
détenus, pour régler, dénouer les conflits avant de recourir à la
force. L'affrontement visant à pacifier, à convaincre l'adversaire,
à le désarmer par la parole ou à lui montrer qu'il a tort est une
forme d'action : les mots justes, trouvés au bon moment, sont de
l'action, quelle que soit l'infirmation qu'ils peuvent communiquer (Arendt, 1983,35) ». 1
Il ressort des constats du CGLPL en CEF que les structures
où la vie collective est la plus stable, la moins marquée par des violences, sont celles où l'afflux de demandes d'admissions permet à
la direction de composer le groupe accueilli en sélectionnant les
profils. Dans les hôpitaux comme dans les prisons, les contrôleurs recueillent des témoignages tendant à imputer la mauvaise
ambiance et les actes de violence à une ou plusieurs personnes qui
influencent la vie dans l'unité. La cohésion d'ensemble du public
accueilli est une préoccupation des CEF qui prennent en charge
de petites communautés.
Le choix du public accueilli est impossible dans la plupart
des lieux de privation de liberté, mais la gestion de la collectivité
imposée se décline alors dans les différentes unités de vie voire au
sein de la cellule ou de la chambre (établissements pénitentiaires,
établissements de santé mentale, CRA). À défaut, les lieux de
privation de liberté peuvent être marqués par des violences liées
à des conflits intercommunautaires, comme dans les CRA mais
aussi dans les prisons : « A la constitution du groupe s'oppose
l'affirmation individualiste d'autant plus forte aujourd'hui qu'elle
1. Chauvenet A., Démocratie et violence en prison, in Sociologie pénale : système et
expérience, ERES, 2004, pp. 273-294
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