Les violences interpersonnelles dans les lieux de privation de liberté 46 -247-18937-3.indd 46   dialogue et une réponse pédagogique individualisée. C'est en réalité une pratique excessive et violente de la contention physique à laquelle sont confrontés les mineurs, sans aucune pédagogie adaptée. Ils subissent des techniques d'usage de la force issues des arts martiaux, décrites en sept étapes, consistant à faire perdre ses appuis au jeune avant de le plaquer au sol. Des risques de blessure existent, tant du côté du personnel que du côté des mineurs. Les contrôleurs ont recueilli des déclarations relatives à des violences de la part de certains éducateurs par plaquage au sol de jeunes récalcitrants. Une jeune fille a eu des hématomes mais a été incitée à ne pas porter plainte. » Rapport de visite du centre éducatif fermé de SainteMenehould, juin 2017 Dans les hôpitaux, l'absence de maîtrise des signes précurseurs des violences amène, outre le recours à l'isolement et à la contention, à un appel au renfort d'agents de sécurité. Ainsi dans un centre hospitalier du Centre-Est de la France, contrôlé en 2019, plus de 1 000 interventions sont recensées tous les ans. Dans un autre hôpital récemment visité, le CGLPL a noté que : « Les agents de sûreté décrivent clairement une capacité d'intervention limitée à de la négociation verbale et une intervention physique subordonnée à la légitime défense. Il en ressort parfois une incompréhension entre les médecins, les soignants, et les agents de sûreté lorsqu'il est décidé de faire appel à ces derniers : les agents se positionnent toujours en seconde intention. Il a par exemple été décrit l'appel à la sûreté pour la gestion d'un patient en chambre d'isolement un dimanche, pour laquelle un seul agent se présente et se positionne à proximité de la chambre hors la vue du patient alors qu'une présence physique plus active et directe était imaginée par le médecin et les soignants. » Si ces interventions sont en principe toujours réalisées sous le contrôle d'un soignant, si elles ne doivent jamais porter sur les soins, si elles ne doivent pas entraîner de contact physique avec le patient, il arrive que l'une ou l'autre de ces conditions ne soit pas respectée. 04/11/2019 10:41:30

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