agents étaient absents la même journée. La distanciation sociale a été parfois difficile à faire respecter lors des pauses et des temps d’appel en début de service. Certains chefs d’établissement ont parlé de psychose, de sidération concernant les agents. La direction d’un établissement a regretté l’absence des psychologues du personnel en cette période pour faire face aux angoisses. Seules des consultations téléphoniques occasionnelles ont été proposées dans quelques établissements contrôlés. A partir de la troisième semaine de mars, un certain nombre d’agents, rassurés par les mesures mises en place, sont revenus travailler. Les directions ont multiplié les actions de communication, en participant notamment aux temps d’appel. Dans deux établissements contrôlés, le personnel soignant a mis en place des séances d’information pour les surveillants pénitentiaires, sur le virus et les moyens de s’en protéger. Le dialogue social a lui-même été renforcé. Dans un établissement, le directeur adressait quotidiennement un message électronique aux organisations syndicales afin de dresser un état des lieux de la situation. Dans le but de rassurer les agents, la direction d’un établissement a obtenu du préfet, fin mai, un dépistage global du personnel pénitentiaire et privé, soit 300 personnes. Les CPIP ont suspendu leurs entretiens avec les personnes détenues sauf en cas d’urgence et, dans la plupart des cas, avec les arrivants. La préparation des aménagements de peine et des libérations anticipées a mobilisé la majeure partie de l’activité du SPIP durant cette période. Concernant le personnel des USMP, bien que des soignants aient été arrêtés pour maladie, le fonctionnement de ces unités n’en a pas pâti. Aux dires des chefs de service interrogés, les agents ont fait montre d’une grande responsabilité et d’une disponibilité sans faille durant cette période. Des agents en poste fixe se sont par exemple proposés pour travailler la nuit. b) Stratégies ou organisations particulières des ressources humaines L’organisation du travail a été marquée par la volonté de protéger les agents et de faire fonctionner le service. Le télétravail a été proposé aux agents, notamment administratifs, dès que cela était possible et plus spécifiquement à tous ceux présentant des facteurs de risques. Les chefs d’établissements ont pu renforcer la présence du personnel de surveillance en détention en réaffectant les surveillants chargés de postes dont l’activité était suspendue (parloirs, ateliers, sport, etc.). Globalement, ils ont indiqué ne pas avoir manqué de personnel et ne pas avoir eu besoin de mettre en place des organisations de travail spécifiques. Seuls deux des établissements contrôlés ont indiqué avoir dû recevoir le renfort d’agents extérieurs orientés par la direction interrégionale. 3.2.3 Accès à la protection a) Pour les personnes privées de liberté La suspension de l’accès de l’ensemble des intervenants à compter du 16 mars puis des familles à partir du 18 mars, a certainement joué un rôle important dans la limitation de la propagation du virus au sein des établissements, à laquelle s’est ajouté le port du masque par les surveillants à partir du 28 mars. Tous les établissements ont identifié, le plus souvent début mars mais parfois dès la seconde partie du mois de février, une zone de confinement où ont été positionnées les personnes détenues atteintes du Covid-19 ou en présentant les symptômes. Dans ces secteurs, dès que 28

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