afin d’organiser des renforts en médecins généralistes dans les unités pour patients
« Covid + ». Le transfert des patients psychiatriques vers des plateaux de soins somatiques est
également envisagé. La note prévoit que les unités « Covid » bénéficient d’une équipe
soignante dédiée, ayant bénéficié d’une formation spécifique.
b) Les premières mesures de déconfinement
Sur le même modèle que la note du 22 mars, le ministère des solidarités et de la santé a édicté
le 12 mai des « recommandations applicables en phase de déconfinement à l’organisation des
prises en charge en psychiatrie et en addictologie », dans le cadre du déconfinement prévu à
partir du 11 mai. Les établissements psychiatriques y sont notamment invités à maintenir les
dispositifs axés sur les prises en charge ambulatoires et les alternatives à l’hospitalisation, à
organiser la reprise progressive des activités suspendues et à anticiper les conséquences de
l’épidémie afin de répondre aux nouvelles demandes de soins de patients en situation de
souffrance psychique du fait de l’impact du confinement.
Au sein des hôpitaux, le respect des mesures barrières et de la distanciation physique continue
de s’appliquer s’agissant de la circulation des patients dans les lieux de soins et dans le cadre
de la reprise progressive des visites, des activités de groupe et des permissions de sortie.
Les unités dédiées aux patients psychiatriques atteints du Covid-19 et les dispositifs de
coopération avec les services MCO sont maintenus, dans l’éventualité d’une recrudescence
épidémique.
4.1.3
Les mesures gouvernementales emportent des restrictions de droits et
soulèvent des questions éthiques au sein des établissements
a) L’impact des préconisations ministérielles sur la liberté d’aller et venir
Le choix du ministère des solidarités et de la santé d’intervenir sous forme de préconisations
générales – afin de permettre une adaptation des organisations au regard des situations
locales – a justifié, dans le même temps, que les directeurs d’établissement agissent au titre
de leurs pouvoirs de police générale en prenant des mesures contraignantes pour assurer la
sécurité des patients et des professionnels de santé.
Les modalités d’organisation mises en place localement, restreignant de facto la liberté d’aller
et venir des patients au sein des unités Covid comme dans les unités classiques, souvent sans
distinction entre les patients en soins libres et ceux hospitalisés sans leur consentement, ont
pu susciter des questions de nature éthique et des interrogations de la part des professionnels
exerçant dans le champ de la psychiatrie. Le CGLPL a ainsi été sollicité pour avis, à la suite de
saisines qui lui étaient adressées, sur des situations susceptibles de porter atteinte aux droits
fondamentaux des patients hospitalisés, notamment sur les enjeux éthiques attachés à la
création d’unités « Covid » : est-il recevable éthiquement de contraindre au confinement un
patient non observant par sédation chimique, isolement ou contention ? Est-il possible de
prononcer une hospitalisation sous contrainte au vu du risque de contamination d’autrui en
dehors de l’hôpital si un patient infecté demande sa sortie ? Dans les unités classiques, le
CGLPL a également été alerté sur la confusion entre les mesures de confinement sanitaire et
les décisions d’isolement psychiatrique – lorsque des patients sont enfermés à clé dans leur
chambre à la suite de la découverte d’un foyer infectieux au sein de l’établissement.
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