l’interruption de la quasi-totalité des activités sportives, socioculturelles et d’enseignement en détention. Lorsque des activités sportives ont été maintenues en extérieur, leur nombre est resté insuffisant. Les enseignants pouvaient adresser aux personnes d��tenues, sur support papier, des cours ou des travaux à réaliser mais cette solution est peu adaptée au public concerné. Dans les quartiers pour mineurs, la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ayant souvent délégué les activités à des organismes extérieurs, peu d’activités ont pu être organisées. Une personne détenue explique également avoir été privée tout au long de la période de son ordinateur, retenu avant le 17 mars pour contrôle de sécurité : « mais mon ordinateur n’a pas encore été contrôlé car Coronavirus, il n’y a plus l’informaticien ! ». Les travailleurs s’inquiètent des répercussions financières de l’interruption de la plupart des activités professionnelles : « si des dispositions sont prises par le ministère concernant les indemnisations des détenus […], pouvez-vous m’en informer ? Je vous rappelle que des détenus envoient de l’argent pour soutenir leur famille à l’extérieur et que nous payons également les parties civiles et que cela compte pour les divers aménagements de peine » 33, explique une personne classée aux ateliers. Conformément à son avis relatif au travail et à la formation professionnelle dans les établissements pénitentiaires, le CGLPL recommande le versement d’une indemnité de chômage aux travailleurs34. Aucune permission de sortir n’a été accordée. De même, les personnes détenues placées en semi-liberté qui n’ont pas fait l’objet d’une libération en début de confinement ont dû rester dans le quartier de semi-liberté sans activité « en cellule, porte fermée (…) se trouvant dans un système proche de l’incarcération sans aménagement » 35. Un établissement a indiqué avoir sollicité du JAP la modification de ses ordonnances afin que les personnes semi-libres soient confinées à l’établissement ou libérées et confinées chez elles. Cela a été refusé, le juge considérant que les semi-libres devaient prioritairement se soumettre aux dispositions nationales interdisant les sorties extérieures. Des personnes détenues ont continué à sortir ; deux ont eu les symptômes du Covid-19. d) Transferts et prise en charge dans les quartiers spécifiques La suspension de l’ensemble des transferts a eu des conséquences importantes pour les personnes détenues en attente d’un rapprochement familial ou d’un transfert en établissement pour peine. Plusieurs personnes détenues se sont également inquiétées des conséquences des mesures de confinement sur la poursuite de leur stage au centre national d’évaluation, préalable indispensable à leur orientation en établissement pour peine ou à l’examen de certaines demandes d’aménagement de peine. Eu égard à l’interruption des interventions auprès des personnes détenues (intervenants extérieurs, CPIP, psychologues, binômes de soutien, etc.), le maintien des personnes dans des quartiers spécifiques (quartiers d’évaluation de la radicalisation, de prise en charge de la radicalisation, unités pour détenus violents, etc.) s’est trouvé dépourvu de sens, réduisant la mesure à une simple mise à l’écart, comparable à un régime d’isolement. 33 Propos d’une personne détenue extraits des saisines reçues par le CGLPL. 34 CGLPL, avis relatif au travail et à la formation professionnelle dans les établissements pénitentiaires, JORF du 9 février 2017 35 Témoignage d’une association au sujet des personnes placées dans un centre de semi-liberté. 34

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