Dans un contexte de crise, l’information des personnes privées de liberté devait être renforcée, au moyen notamment d’affichages exhaustifs, traduits en plusieurs langues, intégrant des pictogrammes, mis à jour et renouvelés s’ils sont dégradés. a) La zone aéroportuaire de Paris-CDG Aucune information n’a été rapportée s’agissant des dispositifs de prévention accessibles aux « naufragés » présents dans les aérogares. Tout au plus des affichages, en français et anglais, ontils été observés à certains points de passage. S’agissant de la ZA, une procédure de contrôle sanitaire des entrées a été mise en place mi-mars : toute personne faisant l’objet d’un refus d’entrée en France et d’une décision de maintien était systématiquement visitée en aérogare par le personnel soignant de la ZAPI – ou du service médical d’urgence de l’aéroport durant la nuit – aux fins d’auscultation et de relevé de température, dans les espaces des postes de police consacrés aux fouilles et palpations. Seules les personnes asymptomatiques étaient transférées en ZAPI où, durant les premières semaines de la pandémie au moins, leur température était vérifiée (en fonction de leur nombre : quotidiennement ou tous les deux ou trois jours). Cette procédure a été suspendue le 1er juin, après qu’ADP a, selon son président-directeur général, installé des caméras thermiques aux points d’entrée des voyageurs afin d’en apprécier la température corporelle. Pourtant, les contrôleurs ont constaté, le 9 juin, que seul le terminal 2E en était pourvu. Le port du masque n’a, d’abord, été prévu que pour les passagers symptomatiques et les agents au contact de ceux-ci ; ce n’est qu’ultérieurement – courant avril ou au cours du mois de mai – que la disponibilité des masques a été élargie dans les postes de police des terminaux. Début juin, les voyageurs arrivent le plus souvent masqués et sont pris en charge par des fonctionnaires euxmêmes porteurs d’un masque. L’accès aux toilettes depuis les salles de maintien, bien que parfois soumis à la disponibilité des policiers, permet un lavage régulier des mains ; la PAF dispose par ailleurs de gel hydroalcoolique, accessible aux personnes privées de liberté durant leurs auditions, tenues dans des bureaux équipés d’une séparation en plexiglas. Au sein de la ZAPI, un stock de masques chirurgicaux a – peu avant le 8 juin semble-t-il – été confié à la Croix-Rouge, chargée de les distribuer systématiquement à chaque arrivant, puis à la demande. Le gel hydroalcoolique n’est proposé qu’à l’entrée du réfectoire ou dans le bureau de la CroixRouge ; la dotation en savon est renforcée et les prestations de nettoyage ont été complétées « sur instructions verbales au début du mois d’avril » : trois passages quotidiens seraient assurés pour la désinfection des poignées, interrupteurs et téléphones ; les sols des chambres seraient quotidiennement désinfectés. b) Les CRA Les prestations de nettoyage ont été renforcées dans les mêmes conditions. La mise à disposition de gel hydroalcoolique et de spray désinfectant aux personnes retenues n’a été signalée que dans un seul CRA. Ailleurs, elles disposaient d’eau et de savon à l’intérieur des zones d’hébergement ; le gel n’était accessible que dans les réfectoires et les locaux abritant l’unité médicale, l’association d’assistance juridique et l’office français de l’immigration et l’intégration (OFII). Pour l’essentiel64, c’est courant mai qu’ont été délivrés les autorisations et crédits nécessaires à la constitution de stocks de masques destinés aux personnes retenues. Avant cette date, conformément aux préconisations sanitaires générales, le port du masque n’a été indiqué que pour 64 Au CRA de Paris-Vincennes, des masques ont été accessibles dès la mi-avril à la suite d’infections avérées. 63

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