intérieur, collectivités territoriales, fonction publique) ». La mission de suivi du projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 de la commission des lois du Sénat avait en effet indiqué que « si elle comprend que la surpopulation carcérale puisse favoriser la propagation du virus, la mission de suivi sera toutefois attentive à ce que la crise sanitaire ne soit pas utilisée comme un prétexte pour diminuer le nombre de personnes détenues dans un contexte où les efforts du Gouvernement pour augmenter le nombre de places de prison tardent à porter leurs fruits. » Enfin, chaque membre des commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat a été destinataire en copie des courriers adressés aux ministres par la Contrôleure générale (cf. § 1.5.1 ci-dessus). 1.5.3 Les relations avec les professionnels Outre les échanges avec les établissements (cf. § 1.2 ci-dessus), la Contrôleure générale et le secrétaire général du CGLPL ont maintenu, pendant toute la durée de la crise, des relations étroites avec les autorités sanitaires et les représentants des établissements de santé mentale ou des familles des patients. Ainsi des points réguliers ont-ils été faits avec : • le délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie ; • le président de la conférence nationale des présidents de commission médicale d'établissement de centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie ; • le président de l’association des établissements du service public de santé mentale (AdESM) ; • la présidente de l’union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM). Ces échanges ont à la fois permis d’informer le CGLPL sur la gestion de la crise, de recueillir les préoccupations des acteurs et de les informer des constats du CGLPL. Enfin, des échanges informels ont eu lieu tout au long de la période avec les associations intervenant auprès des personnes privées de liberté ou avec celles qui se sont donné pour objet de défendre leurs droits. 1.5.4 Les interventions publiques Le CGLPL a craint dès le début de la crise que les personnes privées de liberté soient les oubliées du confinement car elles ne seraient pas la priorité des mesures de protection, verraient leurs relations familiales et amicales se distendre et perdraient l’accès aux professionnels qui les prennent en charge. Dès lors, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, conjointement avec le Défenseur des droits et le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, a souhaité alerter l’opinion par la publication d’une tribune commune9 intitulée « Pour la sauvegarde des droits fondamentaux pendant la crise sanitaire ». Il s’agissait de souligner, dès le début de cette crise, la nécessité que des mesures urgentes soient prises pour répondre à la nature exceptionnelle du risque sanitaire pour les personnes enfermées, isolées, qui vivent à la rue ou ont besoin d’aide sociale pour une partie de leurs besoins fondamentaux, qui sont les premières à subir une double peine si rien n’est fait pour les accompagner. L’encellulement individuel dans les prisons, la fermeture provisoire des centres de rétention 9 Tribune commune publiée dans Le Monde du 20 mars 2020. 13

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