MERCREDI 21 JUIN
beaucoup à faire pour consolider le système judiciaire et mieux assurer le respect
des droits individuels par la police. La francophonie pourrait apporter une aide.
M. P. C. Sambia, directeur des services pénitentiaires et
M. Alphonse Tchozoyema, chef du service de l'application des
peines
11 est intéressant de remarquer qu'au cours des troubles qu'a connus la République
centrafricaine, ce sont principalement les prisons et les casernes qui ont été
détruites. En l'absence de prisons, l'impunité devient la règle et la justice populaire
se substitue aux tribunaux, entraînant ainsi des exécutions sommaires.
ors de cette brève rencontre, le directeur des services pénitentiaires, gendarme
de formation ayant pris ses fonctions en 1999, nous a fourni des documents
sur l'état des prisons en République centrafricaine.
L
Madame Deolinda Bebiana D'Almeida, représentante résidente
du Programme des Nations unies pour le développement
M
adame D'Almeida a chaleureusement accueilli notre mission, la protection
des droits de l'homme étant pour elle une question très importante. Nous,
Africains, devons travailler de manière sérieuse avant d'attendre une aide de la
communauté internationale. La question des femmes et des enfants préoccupe
particulièrement la représentante. D'après elle, la culture représente de fait une
prison pour les femmes et les enfants.
Madame D'Almeida, selon laquelle les enfants des rues sont prisonniers de la
rue parce qu'ils n'ont nulle part où aller, m'a invité à réfléchir sur l'étendue de
mon mandat. Par ailleurs, des rumeurs circulent concernant des exécutions
extrajudiciaires dans le pays.
M. Cheikh Tidiane Sy, représentant du Secrétaire général des
Nations unies en République centrafricaine et chef du Bureau
des Nations unies pour la consolidation de la paix en République
centrafricaine (BONUCA)
es Nations unies s'attachent actuellement à consolider la paix et à promouvoir
des institutions démocratiques. De même, le BONUCA cherche à mobiliser
les ressources pour la reprise économique et le développement.
L
Deux autres sections viennent s'ajouter à celle des droits de l'homme au sein du
BONUCA : une section militaire, dotée de conseillers engagés dans la
restructuration de l'année qui démobilise les soldats errants ; et une section de
la police civile, chargée de la police et de la gendarmerie. Grâce au BONUCA,
des avancées ont été constatées dans le travail des gendarmes, mais il reste
Signés pour mettre fin à la première mutinerie, les Accords de Bangui ont été
devancés par les évènements. Deux élections ont eu lieu, mais l'opposition exige
que les Accords soient appliqués à la lettre. Un accord politique avec le
gouvernement serait pourtant préférable à une application intégrale des Accords.
Office central de répression du banditisme, Bangui
'Offi ce dispose de deux cellules, l'une pour les condamnés, l'autre pour les
prévenus.
L
Cellule des prévenus
Un détenu se trouvait ici depuis 22 jours, la plus longue détention provisoire
du groupe. La cellule, de 5 m par 7 m environ, était occupée par 24 personnes.
Certains détenus disposaient d'une natte, les autres dormaient à même le sol.
Ce sont des amis ou des parents qui apportaient la nourriture et il leur fallait
payer aux gardiens de 200 à 500 francs CFA pour que la nourriture soit transmise.
A titre de sanction, les détenus étaient privés de visites ou de la possibilité de
se laver. Les policiers exigeaient de l'argent avant toute remise en liberté.
Cellule des condamnés
Les 48 détenus de cette cellule étaient tellement à l'étroit qu'il n'y avait pas assez
de place pour dormir. Le jugement n'avait pas été prononcé dans 22 cas. Le
condamné qui avait purgé la plus longue peine se trouvait en détention depuis
le 12 janvier 2000. Le plafond présentait une fuite.
Nourriture :
en petite quantité, servie une fois par jour.
Santé :
absence de soins médicaux ; un détenu malade
était resté deux semaines sans examen médical.
Réfugiés :
12 venaient de la RDC ; l'un d'entre eux disait
avoir été torturé par des soldats à Bonsamga. Tous