DIMANCHE 25 JUIN Prison de Bouar ous avons été accueillis à la prison par l'adjudant Marcel Nossebou, commandant du détachement de la Garde républicaine, chargé de la sécurité de la prison ; par M. Jean-Constant Yalongou, greffier de la prison ; par la directrice, Mme Philomène Dagnan, qui est également sous-préfet ; par le préfet et un gardien. N Construite avant l'indépendance, cette prison était fort délabrée. Un orage avait arraché le toit deux ans auparavant. Un devis avait bien été établi pour les réparations, mais celles-ci n'avaient pas encore commencé. Bien que la prison ait compté 74 détenus sur ses registres, seuls 47 étaient présents au moment de notre visite. Les autres vivaient chez des particuliers, qui étaient tenus de les nourrir. Deux se trouvaient chez le préfet. Les femmes et les mineurs ne pouvaient pas habiter chez des particuliers. A la question de savoir quel était le critère utilisé pour départager les détenus qui restaient en prison et ceux qui partaient chez des particuliers, à part l'âge et le sexe, il nous a été répondu que la bonne conduite était le principal critère. Sept femmes étaient au nombre des détenus. Quatre avaient été reconnues coupables de meurtre par sorcellerie et condamnées à différentes peines d'emprisonnement. L'une d'elles, condamnée à une peine de cinq années d'emprisonnement, affirmait que sa victime présumée était vivante. Elle était en outre amputée, ce qui rendait son cas d'autant plus pathétique. Santé : ce domaine était à la charge des familles des détenus, on n'avait pas interdit à ces derniers de voir un médecin. Hygiène : les détenus étaient autorisés à sortir de leur cellule trois fois par jour, et ils pouvaient se laver à ces moments là. Les femmes se trouvaient dans une cellule de 3 m x 5 m environ, avec quatorze hommes âgés. Très sombre, cette pièce ne comportait que deux petits trous audessus de la porte, pour l'aération. comportement de leurs co-détenus de sexe masculin. Cette réponse a été confirmée par une jeune fille âgée de seize ans, qui a déclaré avoir jeté de l'eau bouillante sur sa rivale, laquelle en est morte. La victime battait la jeune fille. Il nous faut ajouter que les détenues ont fait à propos des gardiens les mêmes commentaires qu'elles avaient faits concernant les détenus de sexe masculin partageant leur cellule. Une deuxième cellule ne comportait que des hommes. Mesurant environ 6 m x 5 m, cette cellule abritait 25 personnes qui avaient juste assez de place pour dormir les unes contre les autres. Le toit fuyait. La pièce, sombre, était infestée de punaises et de poux. Les familles fournissaient les nattes. Les gardiens menaient les prisonniers à l'hôpital en cas de maladie, mais ces derniers devaient s'acheter eux-mêmes leurs médicaments. L'un d'eux était atteint de syphilis. La nourriture venait des familles : si un détenu n'avait pas de famille dans la région ou si sa famille n'apportait rien à manger, il devait s'en remettre à la générosité de ses codétenus. Un détenu qui avait été transféré du nord du pays et se trouvait dans cette prison depuis trois ans se trouvait dans cette situation. Ils pouvaient se laver une fois par jour et sortir de leur cellule de 6 h 30 à 17 h 30. Les gardiens ne les frappaient pas. Huit de ces personnes n'avaient pas été jugées. La plus longue détention provisoire durait depuis deux mois. Plaintes des détenus La casserole qu'ils utilisaient pour faire à manger était abîmée. Les quatre frères J'ai soulevé auprès des gardiens la question de la détention de quatre frères qui avaient l'air d'être mineurs. Ils avaient été placés en détention parce qu'ils s'étaient battus. J'ai reçu l'assurance que cette question avait été soumise au préfet qui s'était engagé à en parler au procureur dès son retour de Bangui. Commissariat de police, Bouar e commissaire adjoint nous a accueillis. Condamnés et prévenus se trouvaient dans la même cellule. Il y avait 10 détenus au moment de notre visite : trois condamnés, un détenu provisoire et six personnes en garde à vue. L A la question de savoir comment les choses se passaient entre les hommes et les femmes, ces dernières ont répondu qu'elles n'avaient pas à se plaindre du 26 27

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