MARDI 20 JUIN M. Mamadi Diakité, chef de la section des droits de l'homme du BONUCA Les fonctions de la section des droits de l'homme consistent à : 1. Suivre l'évolution de la situation des droits de l'homme en République centrafricaine 2. Appuyer et consolider la société civile en vue d'un respect effectif des droits de l'homme 3.Aider au renforcement des capacités grâce à une assistance technique 4. Lancer de grandes campagnes de sensibilisation visant à promouvoir les traités internationaux relatifs aux droits de l'homme. La prison de Bangui ayant été détruite au cours des mutineries de 1996, les détenus ont été placés dans les commissariats et autres postes de police. Les conditions sanitaires, la nourriture et les soins médicaux accordés aux détenus ne respectent pas les normes minimales auxquelles on pourrait s'attendre. Nombre d'allégations font état d'exécutions extrajudiciaires de personnes arrêtées pour la troisième fois pour infraction avec violence. Le BONUCA a reçu 50 plaintes relatives à de tels cas. Toutes mettaient en cause l'Office central de répression du banditisme (OCRB), dirigé par M. Mazangue. Créé après les mutineries, l'Office central s'occupe de la délinquance avec violence, qui ne cesse d'augmenter. Rencontre avec des organisations non gouvernementales uarante et un représentants d'ONG sont venus me rencontrer pendant un peu plus de deux heures. Ils se sont déclarés très heureux de la première visite en République centrafricaine d'un membre de la Commission africaine. J'ai tout d'abord exposé le mandat de la Commission, ses mécanismes, ce qui avait été accompli et ce qui restait à faire. Maintes questions ont alors été soulevées. Les personnes présentes m'ont donné des conseils sur ce que je devais chercher et ont exprimé des doutes, se demandant si j'aurais le courage de présenter un rapport fidèle à la réalité. Informations recueillies lors de la rencontre Traitement des détenus et conditions de détention Les droits des détenus sont bafoués dès l'arrestation. La période légale de détention sans procès n'est pas respectée. Surpopulation, insalubrité, hommes et femmes occupant les mêmes cellules, mineurs non séparés des adultes et ne bénéficiant ni de formation ni d'aide à la réinsertion, viols contribuant à la pandémie de sida, aucune indemnisation après de longues détentions suivies d'une libération sans inculpation ni jugement, difficulté d'accès aux prisons pour les intervenants extérieurs : tels sont, entre autres, les problèmes qui appellent une solution. Des ressources insuffisantes Outre l'espace limité, les membres du personnel pénitentiaire ne disposent d'aucun moyen de transport, et des équipements essentiels à leur travail leur font défaut. La formation est insuffisante. Réponse du Rapporteur spécial Il n'y a aucune crainte à avoir quant à la production d'un rapport de mission objectif. Par ailleurs, tout en reconnaissant que les conditions de vie sont difficiles, il ne faut pas se bercer d'illusions et penser qu'une aide extérieure viendra résoudre les problèmes. Comme dans tout autre pays africain, nous devons faire face à nos problèmes et nous demander ce que nous pouvons et devons faire d'abord pour nous-mêmes. L'engagement pris par le Réseau des femmes croyantes médiatrices pour la paix, une ONG locale, d'oeuvrer en faveur de meilleures conditions de détention a reçu un excellent accueil. Il a été recommandé de former un groupe comme celui de l'Association Nationale des Visiteurs de Prison, qui existe en France, dont les membres apportent un soutien aux détenus et aux personnes libérées.

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