Niveau de conformité des lieux de détention nationaux avec les normes
Quel est le niveau de respect de ces normes dans les lieux de détention nationaux ?
Nous pouvons dire que la plupart des lieux de détention dans notre pays ne répondent pas
toujours aux critères et exigences du traitement humain et non dégradant des détenus.
Au niveau des commissariats, l’architecture est plus ou moins similaire notamment la
localisation des cellules de garde à vue qui se trouvent souvent juxtaposées aux bureaux d’accueil
pouvant ainsi avoir un impact sur l’intimité et le repos des détenus. La situation est caractérisée par
la dominance du souci sécuritaire, ce qui se répercute négativement sur les droits des détenus à
l’hygiène, à l’aération et à l’éclairage naturel suffisant. De même, ces endroits souffrent souvent de
l’insalubrité des toilettes.
Quant aux prisons nationales, bien qu’elles varient selon les infrastructures, la capacité
d’accueil, l’âge du bâtiment et si ce dernier a été initialement construit pour servir de prison ou non,
elles souffrent généralement, elles aussi, de problèmes chroniques tels que le non-respect des
normes techniques des prisons, la capacité d’accueil limitée, le manque d’aération et d’éclairage
naturel et industriel, sans compter l’absence de toilettes et WC en quantité et qualité nécessaires à
l’effectif des détenus.
Cette situation est peut être due au fait que 11 prisons sur le total des 18 prisons nationales
ne sont pas construites initialement pour servir de lieu de détention; ce sont des maisons louées à
des privés et transformées en prisons. Quatre prisons seulement parmi les sept prisons restantes
qui appartiennent à l’Etat, obéissent aux normes techniques requises24.
Et si nous prenons la prison centrale de Nouakchott qui est la prison la plus ancienne, après
la fameuse prison abandonnée de Beyla, comme exemple de prisons construites à cette fin et que
les autorités administratives essaient de rendre conforme aux normes et critères nationaux et
internationaux de gestion des prisons, nous constaterons que cette prison souffre, elle aussi, des
défaillances architecturales et techniques et de manque d’assainissement.
Au niveau architectural les murs de cette prison présentent de graves fissures et la plupart
de ses cellules manquent d’aération et d’éclairage naturel et industriel.
S’agissant de sa capacité d’accueil, elle est estimée à 150 prisonniers alors qu’elle abrite, au
moment de notre dernière visite, une population de 199 répartie entre différentes ailes, ce qui
signifie un surpeuplement, surtout au niveau des ailes réservées aux mineurs. C’est là une atteinte
à plusieurs droits des prisonniers et cela rend difficile le maintien de l’ordre en cas de troubles.
Nous pouvons dire aussi la même chose de la prison de Dar Naim, créée récemment en
2006, en concomitance avec l’adoption par notre pays de la convention internationale contre la
torture. Cette prison a une capacité d’accueil estimée à 350 prisonniers, dans le respect d’un
environnement pénitencier obéissant aux normes internationales. Or, elle abrite plus du double de
24
Ces informations ont été confirmées dans le cadre d’un exposé présenté par le Directeur des prisons au cours de
l’atelier de sensibilisation organisé par le MNP en collaboration avec le bureau de la représentation du Haut-commissariat
aux droits de l’homme en Mauritanie, au profit de quelques partenaires nationaux et d’officiels des Ministères de la
Justice et de l’Intérieur.
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