Soins sans consentement et droits fondamentaux 10 247197248.indd 10 que toute décision soit appuyée sur une base scientifique et documentée, devient prépondérante alors que l'EBM qui trouve sa place dans la médecine somatique mais n'a pas encore « fait ses preuves » en psychiatrie. La mondialisation, avec la nécessité d'avoir un langage commun, a justifié la création d'outils de communication entre les professionnels comme le DSM 5 ou la CIM10 1 qui sont de grands répertoires descriptifs de la symptomatologie des troubles mentaux définis comme a-théoriques mais empreints des normes sociales, familiales, politiques de leurs auteurs. Ces outils ont indéniablement un effet sur la prise en charge des comportements « déviants », résultant de leur lecture normative. L'individu devient alors simple objet dans une configuration sociale plus ou moins sécuritaire. Les traitements pharmacologiques, essentiellement symptomatiques – et d'une symptomatologie sociale –, les techniques de réhabilitation psychosociale lorsqu'elles sont normalisantes 2 enferment les sujets dans les rails d'une société qui dénie les conséquences de sa violence sur les individus. Le respect des droits de l'individu devient secondaire au maintien de l'équilibre social. – L'évaluation systématique de la validité et de l'intérêt des résultats et l'extraction des preuves qui sont à la base des décisions cliniques ; – L'intégration de ces preuves dans la pratique médicale courante afin de répondre à la question posée au départ. En France, l'EBM a soulevé dans la communauté scientifique, des critiques éthiques et méthodologiques. Elles portent notamment sur la qualité des données trouvées dans la littérature (quel article lire et lequel croire ?), sur le caractère provisoire de la force probante de ces données ou encore sur leur prééminence sur les données contextuelles propres au cas (les aspects socioculturels, émotifs, psychosociaux, institutionnels, socio-économiques). 1.  DSM 5 : Manuel Diagnostique et statistique des troubles mentaux 5ème édition ; CIM 10 : Classification internationale des maladies 10ème révision. 2.  C'est la différence entre la prise en charge française du handicap psychique qui tente d'adapter le sujet à la société à la différence des anglosaxons qui seraient dans une adaptation de la société aux différents sujets. 16/03/2020 10:22:19

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