247197248.indd 57
L'organisation des soins sans consentement n'offre pas une prise en charge adaptée...
préconisant des ouvertures sur la ville, la cité 1. Cependant, à 57
l'exception de la période d'instauration du secteur, les choix
politiques portés par l'amalgame entre maladie mentale et
dangerosité voire criminalité, ont toujours conduit au renforcement de la sécurité. Les divers rapports vont ainsi dessiner
le profil du malade mental dangereux 2 avec pour objectif le
contrôle social et pour corollaire l'enfermement. Ainsi que
l'analyse Caroline Guibet Lafaye 3 « La prévalence de rapports proposés par des non-médecins, en l'occurrence par
V. Lamanda, Premier président de la Cour de Cassation, par
Milon, sénateur, coïncide avec le déploiement d'une logique
sécuritaire. Le rapport Milon (2009) récuse les soins en milieu
ouvert au profit de l'enfermement 4. La référence à l'actualité et à une actualité dramatique est explicite dans les rapports Fenech (2007) et Milon (2009, 2012), suggérant que
le politique s'appuie sur cette actualité pour procéder à des
modifications législatives, là où les conclusions des rapports,
notamment réalisés par des médecins, lors des décennies précédentes, sont restées lettre morte ». La presse et l'opinion
publique à l'occasion de ces drames vont abonder dans ce sens,
aggravant la stigmatisation déjà en œuvre depuis la période asilaire, alimentant la représentation d'un malade mental, agressif, violent, loin de la réalité de sa souffrance.
1. Rapport Demay (1982), mission Cléry-Melin (1995), rapport Strohl (1997),
rapport Piel-Roelandt (2002), rapport Robiliard (2013).
2. Rapport Burgelin (2005), rapport Garraud (2006), rapport Lamanda (2008),
rapport Milon (2009).
3. Caroline Guibet Lafaye, Entre défense des droits et logique sécuritaire :
l'ambivalence du traitement politique du psychiatrique, https://hal.archivesouvertes.fr/hal-01566376, 20 juillet 2017.
4. « Plusieurs incidents dramatiques ont pu accréditer l'idée qu'en remplaçant
l'enfermement par des soins en milieu ouvert, on prend le risque de défaillances dans
la surveillance de personnes qu'il faudrait d'abord empêcher de nuire. » (Rapport
Milon, 2009).
16/03/2020 10:22:26
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents