A/HRC/25/60/Add.2
d'extradition du Maroc pour des accusations liées au terrorisme. Selon des allégations, lors
de son arrivée au Maroc, M. Aarrass aurait été sauvagement torturé pendant 10 jours et
soumis à d'autres formes de traitement cruel, inhumain et dégradant, y compris le viol, les
coups et les humiliations, ainsi que le refus d'un traitement médical approprié au cours de sa
détention provisoire. Il est également allégué que le tribunal de première instance aurait
omis de mener une enquête adéquate sur les allégations portant sur les actes de torture
commis envers M. Aarrass, et que l'accusation reposerait uniquement sur les aveux obtenus
de M. Aarrass sous la torture. Il est en outre allégué que M. Aarrass a subi des menaces
suite à la visite au Maroc du Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants qui s’est tenue du 15 au 22 septembre 2012. Le médecin
légiste indépendant qui accompagnait le Rapporteur spécial a effectué un examen physique
externe et trouvé des traces de torture sur le corps de M. Aarrass. Dans ce contexte, le
Rapporteur spécial souhaite attirer l’attention du gouvernement sur sa responsabilité de
protéger et de respecter l’intégrité physique et mentale de M. Aarrass, conformément aux
dispositions pertinentes de la DUDH, du PIDCP, de la Déclaration sur la protection de
toutes les personnes contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants. A cet égard, le Rapporteur spécial aimerait également rappeler au
gouvernement les disposition contenues au paragraphe 1 de la résolution 16/23 du Conseil
des droits de l'homme qui "condamne toutes les formes de torture et autres traitements
cruels, inhumains ou dégradants, y compris l'intimidation, qui sont et demeurent prohibés,
en tout temps et en tout lieu, et ne peuvent jamais être justifiés, et invite tous les États à
mettre pleinement en oeuvre l'interdiction absolue et intangible de la torture et autres
traitements cruels, inhumains ou dégradants." Le Rapporteur spécial souhaite également
rappeler l’article 12 de la Convention contre la torture qui stipule que «tout Etat partie
veille à ce que les autorités compétentes procèdent immédiatement à une enquête impartiale
chaque fois qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'un acte de torture a été commis sur
tout territoire sous sa juridiction» ainsi que l’article 7 qui veut que des cas de torture soient
soumis aux autorités compétentes pour l'exercice de l'action pénale. De plus, le Rapporteur
spécial aimerait attirer l’attention du gouvernement sur l’article 15 de ladite Convention qui
stipule que «tout Etat partie veille à ce que toute déclaration dont il est établi qu’elle a été
obtenue sous l’usage de la torture ne puisse être invoquée comme un élément de preuve
dans un procédure, si ce n’est contre la personne accusée de torture pour établir qu’une
déclaration a été faite.» Quant aux allégations portant sur les actes de harcèlement et
d’intimidation envers M. Aarrass suite à la réunion qui s’est tenue avec le Rapporteur
spécial, le Rapporteur spécial souhaite rappeler que pendant sa visite au Maroc, il a
demandé et reçu l'assurance des autorités que des instructions claires seraient
communiquées à tous les niveaux de pouvoir et que ni l'intimidation, ni aucune sorte de
représailles ne sauraient être tolérées. A cette égard, le Rapporteur spécial souhaite
également attirer l’attention du gouvernement sur le paragraphe 7b de la Résolution 8/8 du
Conseil des droits de l’homme de juin 2008 laquelle rappelle aux Etats que «les mesures
d’intimidation ou les pressions visées à l’article premier de la Convention contre la torture,
notamment les menaces graves et crédibles contre l’intégrité physique de la victime ou
d’une tierce personne, ainsi que les menaces de mort, peuvent être assimilées à un
traitement cruel, inhumain ou dégradant ou à la torture» ainsi que sur les dispositions de la
résolution 12/2 du Conseil des droits de l'homme (A/HRC/RES/12/2), qui, entre autres,
«condamne tous les actes d'intimidation sur les représailles de la part des gouvernements et
des acteurs non étatiques contre des individus et des groupes qui cherchent à coopérer ou
ont coopéré avec l'Organisation des Nations Unies, ses représentants et mécanismes dans le
domaine des droits de l'homme» (OP 2) et «invite tous les États à assurer une protection
adéquate contre les actes d'intimidation ou de représailles pour les individus et les groupes
qui cherchent à coopérer ou ont coopéré avec l'Organisation des Nations Unies, ses
représentants et mécanismes dans le domaine des droits de l'homme (...)» (OP 3). Le
Rapporteur spécial exhorte le gouvernement à répondre au plus vite aux craintes exprimées
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