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L'enfermement, propice aux violences interpersonnelles
RECOMMANDATION 10
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Dans la mesure où toute forme de contrainte physique
constitue une violence à l'égard des personnes qui y sont soumises, il ne peut y être recouru que dans les cadres réglementaires de référence et en dernier recours, après mise en œuvre
de moyens alternatifs non violents.
Il arrive que des professionnels considèrent le respect des
droits fondamentaux des personnes comme une injonction
qui vient en contradiction avec le souci légitime de leur propre
sécurité, voire avec la mission de sécurité qui leur est confiée
par ailleurs. Pourtant, sans nier l'existence de violences dans les
lieux de privation de liberté, la préservation de l'ordre public ou
l'acceptation du soin ne se mettent en place que si la réponse à la
violence est mesurée, que si l'usage des moyens de contrainte et de
contrôle des personnes reste proportionné et doublé de méthodes
de désescalade.
Dans son rapport sur Le personnel des lieux de privation de
liberté, le CGLPL souligne que la prise en charge des personnes
privées de liberté suppose de respecter des objectifs antagonistes
et d'apprécier les situations au cas par cas avec le risque de soumettre les professionnels à des injonctions contradictoires. Ainsi,
le sentiment d'insécurité légitime que peuvent éprouver les professionnels vient en contradiction avec un usage approprié des
mesures de sécurité 1.
La relation de domination qui existe entre les personnes
privées de liberté et les professionnels amène un sentiment
d'infantilisation chez la personne. Dans ce contexte, l'utilisation
des mesures de sécurité à d'autres fin que la sécurité, devient
source d'incompréhension, d'humiliation, de violence, dans une
spirale infernale.
1. CGLPL, Le personnel des lieux de privation de liberté, Dalloz, 2017, pp. 28-29.
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