-247-18937-3.indd 47 L'enfermement, propice aux violences interpersonnelles RECOMMANDATION 10 47 Dans la mesure où toute forme de contrainte physique constitue une violence à l'égard des personnes qui y sont soumises, il ne peut y être recouru que dans les cadres réglementaires de référence et en dernier recours, après mise en œuvre de moyens alternatifs non violents. Il arrive que des professionnels considèrent le respect des droits fondamentaux des personnes comme une injonction qui vient en contradiction avec le souci légitime de leur propre sécurité, voire avec la mission de sécurité qui leur est confiée par ailleurs. Pourtant, sans nier l'existence de violences dans les lieux de privation de liberté, la préservation de l'ordre public ou l'acceptation du soin ne se mettent en place que si la réponse à la violence est mesurée, que si l'usage des moyens de contrainte et de contrôle des personnes reste proportionné et doublé de méthodes de désescalade. Dans son rapport sur Le personnel des lieux de privation de liberté, le CGLPL souligne que la prise en charge des personnes privées de liberté suppose de respecter des objectifs antagonistes et d'apprécier les situations au cas par cas avec le risque de soumettre les professionnels à des injonctions contradictoires. Ainsi, le sentiment d'insécurité légitime que peuvent éprouver les professionnels vient en contradiction avec un usage approprié des mesures de sécurité 1. La relation de domination qui existe entre les personnes privées de liberté et les professionnels amène un sentiment d'infantilisation chez la personne. Dans ce contexte, l'utilisation des mesures de sécurité à d'autres fin que la sécurité, devient source d'incompréhension, d'humiliation, de violence, dans une spirale infernale. 1.  CGLPL, Le personnel des lieux de privation de liberté, Dalloz, 2017, pp. 28-29. 04/11/2019 10:41:30

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