a fait suite à un mouvement de grève des avocats de deux mois durant lesquels les personnes
détenues n’avaient pas non plus été visitées par leur conseil.
La difficulté d’aménagement des parloirs avocats pour y permettre la distanciation physique
constitue un obstacle supplémentaire. Des établissements ont aménagé un autre local, parfois
de plus de 20 m2. Mais dans deux établissements, « une visite sécurisée demeure possible, en
demandant au détenu de rester assis contre la porte du parloir », explique un professionnel.
b) Traitement des demandes et requêtes
Les constats réalisés tendent à montrer que le traitement des demandes des personnes
détenues n’a pas été amélioré pendant la période : bien que l’encadrement ait fait preuve
d’une présence accrue en détention, certains services, n’assurant plus d’entretiens
individuels, n’échangeaient que par écrit. Cette situation a entraîné, de facto, de plus grandes
difficultés de compréhension, pour une population particulièrement touchée par l’illettrisme
ou ayant des difficultés pour s’exprimer par écrit. Des solutions alternatives aux échanges
écrits sur papier, en vue de contacter les différents services, auraient dû être mises en place.
c) Présences partenariales et cultuelles
A compter du 16 mars, la DAP a ordonné la suspension des activités socioculturelles, des
interventions des aumôniers ainsi que la venue des partenaires extérieurs. Par endroits,
certaines activités avaient été suspendues avant cette date sur initiative d’intervenants
craignant d’être infectés par le virus ou déjà malades.
Les aumôniers nationaux ont mis en place une permanence téléphonique dotée d’un numéro
vert, répertorié dans le système de téléphonie. Un établissement contrôlé a indiqué avoir
transmis le courrier destiné aux aumôniers qui le récupèrent habituellement lors de leur
venue à l’établissement.
Les permanences d’accès au droit (PAD, délégué du Défenseur des droits (DDD), association
d’aide juridique, etc.) ont été interrompues. L’accès aux bibliothèques a été suspendu. Dans
un établissement contrôlé, le prêt de livres était possible sur requête.
Dans un établissement, il a été relevé une permanence téléphonique du délégué du DDD à
compter du 23 avril. Dans un autre, ses courriers lui étaient transmis, ce qui lui permettait
d’apporter des réponses écrites aux personnes concernées.
L’association nationale des visiteurs de prison a mis en place une permanence téléphonique
nationale permettant de laisser un message à son visiteur.
3.2.7
Opinion des responsables de terrain sur les informations ou consignes
nationales
Pour des responsables de structures situées dans les régions frappées en premier par la
pandémie, les consignes de la DAP sont arrivées tardivement. Ces équipes ont indiqué avoir
dû trouver seules, ou en collaboration avec l’USMP, les solutions pour éviter la propagation
du virus. En région Grand Est, les services médicaux ont alerté les directions d’établissements,
qui ont dû prendre plus rapidement des premières mesures de confinement. Ailleurs, deux
établissements ont indiqué avoir pris les devants en s’appuyant sur le chef de leur USMP
(ouverture d’un quartier de confinement avant toute demande de la DAP).
Un établissement a déploré avoir été submergé par les documents portant sur le confinement
et le déconfinement ainsi que les téléconférences journalières avec la DISP ; certaines
directives ont manqué de clarté (l’utilisation des masques à titre d’exemple).
36
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents