D’autres chefs d’établissement ont indiqué que ce n’était pas le moment ad hoc pour avoir un avis et que l’administration organiserait des retours d’expérience par la suite. Néanmoins, globalement, ils se sont montrés satisfaits. 3.3 LE DECONFINEMENT, EN COURS, DOIT S’ACCOMPAGNER D’UNE REGULATION DE LA POPULATION CARCERALE ET D’UNE MODERNISATION DES SERVICES 3.3.1 Le déconfinement a) Relations avec les proches Lors de la réouverture des parloirs à compter du 11 mai, l’interdiction de circuler au-delà d’un périmètre de 100 kilomètres en vigueur en France a limité l’accès des familles à leurs proches incarcérés ; aucune disposition pour le permettre n’avait été prévue. La disposition controversée d’attestation sur l’honneur de n’avoir pas de signe clinique du Covid-19 ni d’avoir été en contact étroit avec des personnes malades dans les deux semaines précédentes, abrogée pour les avocats fin avril, a été réintroduite pour les familles. Les établissements n’ont pas tous organisé la distanciation sociale de la même façon dans les parloirs. Certains ont fait poser du plexiglas empêchant totalement les familles de se toucher, d’autres ont permis un contact des mains, d’autres encore ont pris l’initiative de ne tracer qu’une ligne symbolique dans le parloir afin que chacun respecte de lui-même la bonne distance. Cette dernière solution a bien fonctionné, selon les retours des établissements l’ayant mise en œuvre. Les personnes détenues sont équipées de masques pour le parloir. Celles qui ne respectent pas les règles de distanciation physique sont placées en quatorzaine (cela a concerné trois personnes détenues dans un établissement contrôlé, quatre dans un autre). La remise de linge par les familles n’a qu’inégalement repris à compter du 2 juin. Cette situation a continué à être particulièrement préjudiciable aux arrivants dépourvus d’effets personnels, ne disposant que de l’aide vestimentaire pénitentiaire composée, dans un établissement contrôlé, d’un seul slip et d’un tee-shirt. Excepté dans un des établissements contrôlés, la demande de parloirs a décru, du fait des contraintes imposées aux familles. La réservation par téléphone est décrite partout comme très laborieuse. La situation matérielle a été mal vécue par les personnes détenues (plexiglas, port du masque, nombre de visiteurs limité à un, etc.). Les locaux d’accueil des familles restent trop souvent fermés en raison de l’absence des bénévoles ; ils ont parfois été ouverts par le personnel pénitentiaire pour abriter les visiteurs. b) Activités et sorties L’ensemble des activités (enseignement, travail, formation, activités socioculturelles, etc.) n’a repris que de façon très dégradée du fait de la distanciation et des contraintes architecturales. Les groupes doivent généralement être drastiquement réduits, ce qui diminue également le nombre d’heures accessibles à chaque personne détenue. Cela vaut tant pour le travail aux ateliers que pour l’enseignement dispensé par l’éducation nationale. Les intervenants ont par ailleurs été soumis aux mêmes contraintes que les familles, notamment s’agissant de l’attestation sur l’honneur. Si les aumôniers ont été autorisés à reprendre leurs entretiens individuels, les contraintes imposées à la reprise des célébrations sont telles qu’elles n’ont pas permis cette reprise dans 37

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