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Les établissements imposent, en raison du mode d'admission, des contraintes...
en vue d'assurer sa sécurité en l'empêchant d'utiliser ses propres 101
vêtements pour des gestes auto-agressifs. Un tel motif laisse à
penser que les unités, les plus nombreuses heureusement, qui ne
recourent pas à cette mesure prendraient des risques inconsidérés.
La sanction disciplinaire n'est pas exclue : « Il a été toutefois indiqué que les entrants étaient soumis au port du pyjama
bleu de l'hôpital pendant une phase d'observation dont la durée
diffère selon la pratique des médecins ; en outre, en cas de nonrespect d'une autorisation de sortie ou de constatation d'un état
d'ébriété, le patient est mis en pyjama » 1.
Une autre justification, plus répandue sans être pour autant
avouée, est de limiter les « fugues », avec un résultat mitigé, le
port du pyjama n'empêchant pas les plus déterminés des patients
de quitter les lieux.
Il est des hôpitaux où les explications données sont aussi multiples que confuses (prévention des « fugues », prise de conscience
de l'hospitalisation, prévention du port d'objets dangereux, chaleur de l'été, confort, etc.) peu argumentées révélant une totale
absence de réflexion sur le sujet 2. On a même vu un établissement qui justifiait cette disposition pour reconnaître les patients
des visiteurs ou des intervenants 3. À l'inverse, des établissements
n'y recourent en aucune circonstance, n'en disposant même pas 4.
Dans tous ces cas, la mesure est dégradante.
Les conditions d'hébergement conduisent parfois à des situations tout aussi humiliantes, notamment s'agissant de l'accès aux
sanitaires. Les contrôleurs ont à plusieurs reprises constaté l'absence
de toilettes – ou l'impossibilité d'y accéder – dans les chambres
1. Voir CGLPL, rapport de visite du centre hospitalier Guillaume Régnier
de Rennes, septembre 2012.
2. Voir CGLPL, rapport de visite du centre hospitalier Les Murets à La Queueen-Brie, juillet 2018.
3. Voir CGLPL, rapport de visite du centre hospitalier de la Côte basque à
Bayonne mai 2009.
4. Voir CGLPL, rapport de visite du centre hospitalier spécialisé de Castelluccio
à Ajaccio, avril 2017.
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