Soins sans consentement et droits fondamentaux
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dimension sociale du handicap, quel qu'il soit – les « troubles
mentaux » étant rebaptisés « handicap psychosocial » –, en ce
qu'il résulte de facteurs à la fois personnels et environnementaux.
La personne n'est plus objet de soins mais sujet de droits et c'est
à la société de lui permettre de participer à la vie de la cité de
manière égalitaire. Ce changement de perspective est fondé sur
des principes : respect de la dignité intrinsèque et de l'autonomie, accessibilité, consentement libre et éclairé, adaptation de
l'environnement, etc. Surtout, en son article 14, la convention
condamne la privation de liberté basée sur l'existence d'un handicap fût-il physique, psychosocial, ou intellectuel.
Dès son rapport annuel de 2009, le Haut-commissaire des
Nations unies aux droits de l'homme en a fait une interprétation
stricte, qu'il a réitérée dans son rapport Santé mentale et droits
de l'homme de 2017 : « Les personnes présentant un handicap
psychosocial ne devraient pas être arbitrairement privées de leur
liberté en raison de leur déficience, pas même au motif qu'elles
pourraient constituer un danger pour elles-mêmes ou pour
autrui. Les politiques de santé mentale devraient être fondées sur
cette approche et l'intégrer. Elles devraient également constituer
un rempart contre tout abaissement des normes. »
La Rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits des
personnes handicapées a également développé cet argument dans son
rapport général sur la privation de liberté en 2019 : « Si le placement
forcé en institution donne lieu à un traitement sans consentement et
à une prise de médicaments forcée, il constitue aussi une violation du
droit à la sécurité de la personne, du droit à l'intégrité de la personne
(art. 17) et du droit de ne pas être soumis à la torture ni à des peines
ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (art. 15). »
Parmi les autres instances onusiennes concernées, le Comité
pour les droits des personnes handicapées, le Conseil des droits de
l'homme et le Rapporteur spécial sur le droit qu'a toute personne
de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible ont
tous adopté des positions similaires, véritables fers de lance des
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